Algérie : à Béjaïa, la grève des commerçants dégénère en émeute

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Des affrontements entre forces de l’ordre et groupes de jeunes ont éclaté lundi dans le centre-ville de Béjaïa (nord du pays) et dans les villages avoisinant, en marge d’un mouvement de grève générale lancé par les commerçants.

À Béjaïa, la nouvelle année commence avec fracas. De violents affrontements entre des policiers anti-émeutes et des habitants ont éclaté, lundi 2 janvier, et perduré jusque dans la soirée.

Tout a commencé dans le quartier Dawadji, à deux pas du siège de la wilaya (préfecture), où des bandes de jeunes se sont rassemblés en fin de matinée.

Ils auraient d’abord caillassé les forces anti-émeutes, qui tentaient de les disperser. Très vite, la situation dégénère et les violences gagnent plusieurs autres quartiers du centre-ville de Béjaïa. Dans la cité Edimco, les jeunes émeutiers s’en seraient ensuite pris à un bus de la société publique des transports Etusa. Le véhicule est saccagé puis incendié. Les forces anti-émeutes répliquent à coups de gaz lacrymogène.

La colère a gagné d’autres villes

Selon des témoins oculaires, les heurts ont doublé d’intensité dans l’après-midi. Devant le siège de la wilaya, les manifestants auraient mis la main sur un fourgon de police qu’ils auraient ensuite brûlé. Plus loin, d’autres auraient saccagé une banque et une boutique d’électroménager.

La vague de violence se propage aussi aux communes limitrophes. À Sidi Aïch, située à environ 60 km à l’ouest de Béjaïa, des escarmouches éclatent entre jeunes émeutiers et policiers devant le commissariat, tandis qu’à Baccaro et à Bordj-Mira, des manifestants coupent les accès routiers à l’aide de pneus brûlés.

Contestation sociale  ? Colère contre la baisse de leur pouvoir d’achat et niveau de vie  ? On ignore encore exactement ce qui a motivé ces groupes de jeunes.

Selon des témoins présents aux abords des scènes d’affrontements, ces jeunes ne seraient pas politisés et n’auraient pas de revendications sociales. «  Il ne s’agit que de voyous qui veulent se défouler. Ils profitent juste du contexte social tendu pour casser et piller  », estime Nadir Rafa, un jeune habitant de la ville.

Une grève bien suivie

Ces émeutes éclatent à Béjaïa alors que presque l’ensemble des commerçants du centre-ville observaient le premier jour d’une grève générale, qui doit en durer cinq. Motif : protester contre les hausses des taxes prévues par la loi de Finances 2017, qui est entrée en vigueur dimanche.

Suite à un appel relayé fin décembre sur les réseaux sociaux, rares étaient les commerçants du centre de Béjaïa à avoir levé leur rideau ce lundi. «  Certains ont ouvert leur magasin, mais quand ils ont vu que la grève était suivie par la plupart des commerçants, ils ont fini par rejoindre le mouvement », raconte Sofiane Bakouri, un photographe qui vit à Béjaïa.

Jeune Afrique

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