7 maladies que vous risquez si vous ne dormez pas assez

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Se coucher un peu trop tard, se réveiller un peu trop tôt… À mesure que les nuits trop courtes s’additionnent, la dette de sommeil grandit. Mais quel est le risque pour la santé d’un manque de sommeil sur le long terme ? Medisite a interrogé le docteur Lefrançois sur l’impact d’un sommeil insuffisant sur la santé.

Comment reconnaître un manque de sommeil ?

Six heures, sept heures, huit heures par nuit… Comment savoir si nos nuits sont suffisamment longues ? « Le manque de sommeil est une notion très subjective car les besoins diffèrent selon les personnes : chacun naît petit ou gros dormeur, couche-tôt ou couche-tard » nous explique le docteur Jérôme Lefrançois, médecin généraliste co-auteur du livre Le sommeil : mieux dormir (Editions Alpen, 2016).

Mais actuellement, le problème le plus fréquent dans notre société est de se coucher trop tard par rapport à notre horloge biologique. Ainsi, « en Occident, il nous manque en moyenne une heure à une heure et demie de sommeil par nuit et cela se fait au dépend du premier cycle du sommeil qui est pourtant le plus important » déplore le médecin.

À savoir : Un sommeil suffisant en qualité et en quantité se traduit par « un réveil frais et dispo en fin de nuit et par l’absence de coup de fatigue dans la journée, à l’exception d’une éventuelle petite somnolence en début d’après-midi » détaille le docteur Lefrançois.

À l’inverse, les symptômes d’une carence en sommeil regroupent « une sensation de fatigue au réveil, l’impression de ne pas avoir récupéré et la sensation d’avoir mal dormi avec le souvenir de s’être réveillé à plusieurs reprises dans la nuit et d’avoir beaucoup bougé ». Dans la journée, cela se traduit par une difficulté à se concentrer, une irritabilité et des coups de somnolence.

Si une carence en sommeil cause un inconfort diurne et représente même un danger pour certains travailleurs, elle possède également des conséquences sur la santé à moyen et long terme.

Sommeil et stress chronique

Un des premiers marqueurs d’une dette de sommeil en dehors de la somnolence est la survenue de problèmes anxio-dépressifs.

L’explication du médecin : « Le cerveau émotionnel se rééquilibre pendant la nuit. Un manque de sommeil empêche ce rééquilibre et occasionne alors une anxiété, une irritabilité voire une dépression sur le long terme, qui conduisent eux-mêmes à une hausse du stress et du nombre de conflits avec l’entourage » détaille le docteur Lefrançois. « Or le stress chronique nuit au sommeil et un cercle vicieux se met alors en place » ajoute-t-il.

Sommeil et diabète

Une accumulation de carence en sommeil peut conduire progressivement à la survenue d’un diabète.

Pourquoi ? « L’ensemble des sécrétions hormonales est régulé dans le cerveau pendant le sommeil. Un manque de sommeil quantitatif entraine un trouble du métabolisme glucidique, c’est-à-dire de la transformation des sucres par le corps. À long terme, le risque d’établissement d’un diabète augmente, d’abord à cause d’une baisse de sensibilité à l’insuline (l’hormone qui permet d’abaisser le taux de sucre dans le sang et de le stocker dans les cellules adipeuses, ndlr) puis d’un problème de sécrétion d’insuline. » répond le docteur Lefrançois.

Sommeil et surpoids

Pourquoi risque-t-on de prendre du poids quand on manque de sommeil ?

Tout d’abord, « les hormones régulatrices du métabolisme et de la satiété sont fabriquées la nuit » dévoile le docteur Lefrançois. Des nuits trop courtes sont donc liées à des taux d’hormones plus faibles et cela peut perturber la prise alimentaire notamment si la leptine, l’hormone de la satiété, est présente en faible quantité dans l’organisme. Concrètement, « si on manque de sommeil, on mange plus car les hormones de la satiété fonctionnent moins bien » précise le médecin.

En parallèle, « un manque de sommeil est à l’origine de troubles d’utilisation des graisses par le corps, ce qui augmente le taux sanguin de triglycérides et occasionne une prise de poids progressive » constate le docteur Lefrançois.

À noter : « La prise de poids s’accompagne de la survenue graduelle d’une hypertension artérielle », un facteur de maladies cardiovasculaires telles que l’accident vasculaire cérébral, l’infarctus du myocarde ou encore l’insuffisance cardiaque.

Sommeil et troubles digestifs

Nuits trop courtes et problèmes de digestion vont souvent de pair.

Pourquoi ? « Un manque de sommeil s’accompagne souvent de choix alimentaire inappropriés en quantité et en qualité puisque les hormones de satiété dysfonctionnent » note le docteur Lefrançois. « À cela s’ajoute un impact négatif du stress lié au manque de sommeil sur le tube digestif, et ces facteurs mènent à la survenue de reflux gastro-œsophagiens, de gastrites, de colites, de troubles du transit ou encore de dyspepsie, caractérisée par une lourdeur de l’estomac, des éructations et un ralentissement de la digestion » détaille le médecin.

Sommeil et infections virales et bactériennes

Une accumulation de nuits trop courtes suffit pour que vous attrapiez un rhume ? C’est logique, selon le docteur Lefrançois : « Nos défenses immunitaires se refont une santé au début du sommeil lent et profond. Un manque de sommeil crée donc une chute de l’immunité et accroit la vulnérabilité aux infections virales et bactériennes. »

À long terme, cette baisse de l’immunité se traduit par « une plus grande vulnérabilité aux cancers, aux maladies auto-immunes, aux maladies de peau ou encore aux problèmes de thyroïde » déplore le médecin.

Outre la baisse des défenses immunitaires, « le manque de sommeil affaiblit également le processus de cicatrisation et de réparation des microtraumatismes vécus dans la journée au niveau des ligaments, des os, des articulations ou même du cerveau via les agressions chimiques, mécaniques et psychologiques » nous explique le docteur Lefrançois.

Sommeil et maladie d’Alzheimer

« Le sommeil a pour but de réparer ce qu’il s’est passé dans la journée précédent la nuit et de capitaliser l’énergie suffisante pour affronter celle du lendemain » relève le docteur Lefrançois.

Mais s’il est insuffisant en quantité ou en qualité, certains processus de réparations ne se dérouleront pas correctement. C’est notamment le cas au niveau du cerveau : « Pendant la nuit, le cerveau élimine les déchets chimiques de la journée précédente, sans quoi ils risquent de s’accumuler. Et une quantité trop élevée de déchets serait associée à une prédisposition à la maladie d’Alzheimer », note le médecin.

Sommeil et vieillissement accéléré

Sous l’effet d’un manque de sommeil se produit une hausse du stress oxydatif, « un phénomène d’agression chimique de l’organisme » constate le docteur Lefrançois. « Habituellement, ce type d’agression est réparé pendant la nuit. Mais en cas de manque de sommeil, le stress oxydatif grandit et entraîne des conséquences néfastes sur le corps comme des pathologies cardiovasculaires, un cancer, des maladies inflammatoires… en somme un vieillissement accéléré du corps » détaille le médecin.

Comment ne plus manquer de sommeil ?

Face à la diversité des maladies liées à un manque de sommeil, comment pouvons-nous agir ? « Pour rembourser sa dette de sommeil, la meilleure solution est de dormir correctement en donnant la priorité au sommeil dans une société où les tentations qui rognent notre temps de sommeil sont nombreuses » conseille le docteur Lefrançois. Il ajoute qu’un bon moyen de combler un manque de sommeil est de « faire une sieste, voire plusieurs siestes de 10 à 15 minutes dans la journée, car la sieste est un palliatif efficace et rapide pour gérer une quantité de sommeil insuffisante à très court terme ».

Enfin, selon le docteur Lefrançois, de nombreux problèmes médicaux et psychologiques pourraient se résoudre simplement « en dormant mieux et plus longtemps ». Car « le corps et le cerveau savent se réparer seuls pendant la nuit »… à condition de leur en laisser le temps.

(avec medisite)

afrik53.com

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